il faut consentir avant même de sentir
le geste se faire
non
il faut répondre immédiatement à toute demande toute sollicitation
comme dans un acte inachevé
et à la manière des machines
il faut exécuter le geste sans savoir ni pourquoi ni comment on le fait
tourner la page d’un livre
écrire une lettre
et sans être passéiste
ces actions dans la lenteur et la minutie accompagnaient notre humanité
notre conscience
faisaient que le geste prenait corps
le geste était dans sa continuité
la conscience du geste est relayée au second plan
à tel point qu’on peut « brasser de l’air » toute sa vie
sans avoir vécu un moment
c’est ce que le développement personnel de comptoir
appelle « vivre dans le présent »
si tant est qu’on puisse vivre ailleurs….
on ne fait plus parce qu’on l’a décidé et réfléchi
on fait pour ne pas être en retard
pour rester dans le flux et la synchronicité des rythmes
pour répondre en somme à la vitesse collective
avec ceci
on ampute l’intention
la direction
la relation
dans un pur réflexe
et on perd le sens de l’action
on ne manque pas de mains
mais de ce qui nous guide