Le Grand Théâtre du Moi



j’ai longtemps habité sous de vastes portiques…
non je déconne
j’ai longtemps… penser que je pouvais théâtraliser l’existence
et me mettre au centre
donner de la gravité à la conscience
me draper dans l’angoisse de l’identité
ce que je faisais dans ma poésie comme dans mes paroles de chanson

tout ça c’est de la flûte
de la poudre aux yeux qui pleurent
s’ils veulent bien
pleurer ces yeux
ça m’arrangerait
je n’ai pas pleuré sur mon sort d’humain
pour accoucher d’une souris

pendant ce temps
la vie gambadait dans les champs
trébuchait se relevait dans la pente
telle la Carrie Ingalls de service

il y a tant de choses à apprécier
sans les consommer d’ailleurs
le soleil
les gens
la musique
les repas
les discussions
etc.

c’est très très dur de se tourner vers la vie
surtout quand on a pas le tempérament pour
dépressif chronique
je m’en sors avec une excellente progression
j’évite encore la vie
mais j’y trempe les lèvres le stylo et l’existence parfois
bouh c’est cochon…..

je suis content d’avoir fait ce parcours
très difficile et très périlleux
ce parcours intérieur qui n’appartient qu’à moi
qui ne me vaudra aucune médaille
mais peut-être l’estime de moi-même